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Avatar DOWLING Matthieu Tristan
par DOWLING Matthieu Tristan, jeudi 21 décembre 2017, 00:39
Tout le monde (grand public)

Hamlet, Shakespeare



Résumé


Hamlet, prince du royaume du Danemark, est en deuil. Son père ,le roi, est mort prématurément, et Claudius, le frère de ce dernier et donc oncle de Hamlet, a pris sa place sur le trône. Claudius s’apprête également à épouser la reine Gertrude, jusqu’alors sa belle sœur. Hamlet soupçonne Claudius d’avoir tué le roi. Or, le fantôme de ce dernier apparait à son fils et lui demande de venger son meurtre odieux. La rage s’ajoute au chagrin de Hamlet, déterminé à venger son père et pourtant en proie au doute. Il décide de se faire passer pour fou, afin de pouvoir observer et manœuvrer sans attirer les soupçons de Claudius. Ses actions entraineront néanmoins sa famille, ainsi que la jeune fille qu’il aime, Ophélia, et ses meilleurs amis, dans une escalade de folie et de violence.


I- Une reprise originale d’histoires populaires


Le théâtre élisabéthain utilise des histoires populaires connues, pour que tout le monde les comprenne.

L’histoire de Hamlet est bien connue du public, on la retrouve déjà dans The Spanish tragedy de Thomas Kid, très populaire en cette fin de XVIème. Il étudie également Gesta Danorum de Saxo Dramaticus, écrit en 1150, qui relate l’histoire du Danemark de l’Antiquité au Moyen-Age.

On y trouve déjà, par exemple, le thème de la folie, ou de la vengeance.

On pourrait accuser Shakespeare de plagiat, mais ce n’est pas la cas car le théâtre élisabéthain a pour but de divertir autant que de sensibiliser un public analphabète à des thématiques sociétales importantes pour l’époque. Les dramaturges présentent donc de nouvelles versions éclairées d’histoires connues du public, de façon à porter leur attention non tant sur la trame narrative que sur les thèmes illustrés. Ceci ne m’a pas dérangé, car ce qui m’a le plus plu n’est pas la trame en elle-même, mais la dimension philosophique et maniériste que Shakespeare apporte à cette tragédie.


II- Le rôle du théatre de Shakespeare dans la société Elizabethaine


Si je reproche à certaine pièces de théâtre leur manque d’accesibilité, comme c’est le cas de Fin de partie, de Samuel Beckett, j’ai beaucoup aîmé le fait que les pièces de Shakespeare étaient destinées à toute la pyramide sociale anglaise. Hamlet, comme toutes les pièces présentées aux théatres du Globe ou The Rose, attire la foule illétrée, ces « groundlings » qui viennent s’entasser par centaines autour de la scène pour assister à ses représentations, mais également à la noblesse anglaise qui prend les places dans les galleries du haut. Ainsi, Hamlet met tout le monde d’accord, et réunit en un même lui prostituées et duchesses autour de thèmes universels comme le combat, la vengeance ou l’amour.


Le théâtre de Shakespeare est donc un moyen de divertissement mais aussi d’éducation des « groundlings » (littéralement les « culs terreux »). Mais il est aussi un lieu de débat.

Ils sont soumis à une certaine contrainte par la reine Elizabeth I, pour qui ce divertissement populaire est le principal outil propagande. La trame des pièces dont les intrigues mettent en scène des personnages en proie à la décadence ou au vice sont ainsi délocalisées dans des pays catholiques, en opposition à l’ordre et la paix de cette nouvelle Angleterre anglicane. C’est sans doute pour cela que Hamlet, prince catholique, se déroule au Danemark.

Je pense que c’est là, en partie, que repose le génie de Shakespeare, et en particulier dans Hamlet. Effectivement, il parvient, malgré toutes les contraintes auxquelles il doît faire face, à proposer à ses spectateurs une liberté d’analyse des thèmes polémiques qu’il évoque, comme le régicide, ou la difficulté d’être reine dans un monde ou les hommes s’entretuent à coup d’épée,(swords) de mots (words) et de poison.



III- Au théatre, on débat des thèmes de sociétés, et de questions importantes à l’époque élizabéthaine.


Le théatre de Shakespeare étant un lieu de débat, Hamlet reprend ainsi les controverses de son temps. La lecture de cette œuvre m’a permis , par l’étude des thèmes évoqués, de mieux comprendre la société Elizabethaine, et son influence sur l’oeuvre.


Hamlet apporte ainsi une réponse à des questions comme :


Quel comportement adopter en face d’un fantôme ? : La société Elizabethaine croît aux fantômes, qui sont considérés comme des âmes n’ayant pas eu accès au paradis.

Certains traîtés spiritistes, comme le Traité de l'apparition des esprits, à scavoir des âmes séparées, fantosmes, prodiges et accidents merveilleux, par F. N. Tailledied, traduit en anglais « A treatise of ghosts », expliquent comment se comporter avec les esprits.

Dans la cinquième scène de l’acte I, l’apparition de l’ « esprit » du défunt père d’Hamlet pose donc la question de ses intentions, mauvaises ou non. En effet, ce dernier affirme être une proie des flames de l’enfer, il revient donc du purgatoire, et se repentir des actes qu’il a commis. On peut donc se demander si ce qu’il affirme sur sa mort est vrai, et si Hamlet a raison de croire cet élément perturbateur. Nombre de traités de l’époque mettent en garde les croyants, une âme en peine est forcemment un ancien pêcheur, et lui prêter attention est s’exposer à l’aliénation et à la folie.


La question du parricide et du fratricide (meurtre d’un membre de sa famille) est également une thématique centrale de l’oeuvre. Peut-on tuer son frère, son père, sa mère ? Les parricides, notamment à la cour étaient fréquents. Par exemple, la mère d’Elizabeth, Anne Boleyn, fut décapitée par son mari Henri VIII. Durant la dernière scène, Hamlet, le roi, la reine et Laertes passent l’arme à gauche. Shakespeare montre que les rivalités et violences au sein d’une famille ne mènent qu’à sa perte.


De l’utilité de la folie… La folie et les déviances comportementales dans une société ou la mort et l’aliénation sont omniprésentes, interroge autant qu’elle fascine. Certains fous sont entassés dans des « mad-houses » sortes de mouroirs à l’écart de la société, d’autres sont perçus comme ayant atteint un étât de conscience supérieur. La folie « feinte » des « jesters’ (fou du roi) est par ailleurs un art rhétorique ayant pour fonction d’éclairer les puissants. La folie à l’époque élisabéthaine est donc polymorphe, et Hamlet explore son ambivalence. Le personnage d’Hamlet utilise la folie comme un déguisement pour ne pas attirer les suspicions de Claudius, mais feindre la folie, n’est ce pas précipiter sa propre aliénation ? Je reviendrai sur ce thème dans la partie consacrée à la psychologie du personnage.



III- Hamlet se détache du message purement moral grâce à la complexité des personnages


J’ai apprécié la complexité du caractère de chaque personnage. Shakespeare prend le contrepied du théâtre de la moralité du Moyen Age et de la forme allégorique de ses personnages. Ces derniers ont parfois un caractère assez paradoxal, comme c’est le cas du protagoniste, tiraillé entre folie et lucidité, entre courage et lâcheté. De même, les personnages n’étant pas caricaturés, la distinction entre bien et mal et souvent difficile à faire.

C’est sans doute pour ces raisons que la psychologie des personnages a intrigué des générations de psychologues et psychiatres. Les milliers d’analyses de l’œuvre sont témoins des multiplies interprétations possibles. Enfin, l’esthétique maniériste de Hamlet en fait une œuvre appropriable par tous, et je vous conseille de la lire car chacun d’entre vous y trouvera une signification différente.

Les pensées et actions du héros, sont pour moi synonymes de la complexité de la condition humaine. Hugo dira par exemple que Hamlet est un personnage type c’est à dire qu’il ne reproduit aucun homme en particulier, mais qu’il résume et concentre sous une forme humaine l’humanité dans sa globalité : « Hamlet n’est pas un homme, c’est l’homme »


On peut comparer l’œuvre de Shakespeare au double portrait Les Ambassadeurs, de Hans Holbein le Jeune. Effectivement, on peut voir d’un côté la richesse et la puissance, de l’autre la finitude de la vie et la vanité de la richesse. Shakespeare transpose sur scène des techniques couramment utilisées dans les peintures du XVIeme siècle : Hamlet est une œuvre maniériste qui invite le spectateur à prendre tour à tour plusieurs postures et à regarder la pièce sous plusieurs angles de façon à construire sa propre interprétation.


Voici quelques exemples pour vous aider à mieux comprendre :

*Gertrude, présentée par Hamlet comme complice du meurtre du roi. Mais il n’est jamais clairement dit qu’elle était au courant de la supercherie de son nouveau mari. Elle ne subit aucun jugement moral de la part de l’auteur, et alors qu’elle aurait pu être un personnage antagoniste du héros, demeure une figure noble en proie au doute et soucieuse du bien être de son fils et de son peuple.

*Père : Présenté par Hamlet et Horacio comme un homme exemplaire, ils sont les seuls à pleurer sa mort, et c’est sûrement pour cette raison que Hamlet s’aliène. De plus, son fantôme, qui fait irruption au château, dit brûler en enfer et se repentir de ses mauvais actes. On peut ainsi considérer le défunt roi comme un héros injustement assassiné, ou comme un tyran dont la mort est un soulagement pour la cour et le peuple.

*Claudius, le nouveau roi : Si une première lecture peut nous induire à penser que c’est « le méchant ». Certains détails peuvent nous faire croire le contraire. Par exemple, Hamlet se refuse à le tuer pendant qu’il prie car il a peur de l’envoyer au paradis.


La psychologie paradoxale des personnages nous invite à questionner la folie d’Hamlet. J’ai pris beaucoup de plaisir à rechercher les nombreuses analyses faîtes par différents auteurs et spécialistes.



IV-La folie de Hamlet : arme ou poison ?


Encore une fois, le thème de la folie ne sort pas de nulle part, il était déjà présent dans l’oeuvre de Saxo Dramaticus, où le protagoniste feint la folie pour vaincre son adversaire. De plus, dans la deuxième moitié du XVIème siècle, le discours médical se caractérise par une quête de légitimité sociale de la part des médecins, qui a donné naissance à une rhétorique de la maladie mentale.


Dans Hamlet, la folie apparaît comme une tendance naturelle de l’Homme, conséquence du laisser aller. Ainsi, Ophelie, qui sombre dans la dépression suite à l’assassinat de son père par Hamlet, dérive dans folie, puis la léthargie, et finit par trouver la mort. La folie est donc une étape intermédiaire entre vie et mort.

Contrairement au personnage de Saxo Dramaticus, Hamlet, doué de force et raison, fait semblant d’être fou, si bien qu’on vient à se demander s’il ne le devient pas à force de le feindre. Garde-t-il le contrôle, ou est-il sous l’emprise d’un esprit maléfique se faisant passer pour son père ?

A la fin de l’œuvre, on comprend qu’Hamlet fait l’expérience de la folie pour devenir plus sage. Il revient à la raison après la mort d’Ophelie, et réalise (enfin) la portée de ses actes et de son comportement, qui ont conduit à la mort de la femme qu’il aimait. Il reprend alors ses fonctions de Prince, et redevient guerrier. Dans la scène finale, il meurt en héros, et non en fou.


La folie de Hamlet est suggérée par la réaction des autres personnages face aux des plaisanteries et paradoxes qu’il prononce. Ils prennent ainsi ces paradoxes pour des signes de folie. Pour cette raison, certains auteurs et psychologues ont interprété la folie du héros tragique comme un excès d’intelligence qui l’aliénerait.

Il est vrai qu’Hamlet est très intelligent, et c’est pour cela que je pense qu’il feint la folie afin de pouvoir mener son plan à bien.


V- La justesse du silence


Fascinant car il souffre, Hamlet un idéaliste qui proteste contre le manque de sincérité de ses contemporains, c’est un anticonformiste. J’ai été impressionné par la justesse de ses paroles. C’est un intellectuel qui parle de façon claire et distincte, ses mots touchent. Les autres personnages, d’une psychologie plus superficielle s’expriment dans un style orné, précieux. Hamlet les raille d’ailleurs sur la vacuité de leur propos, parfois de façon acerbe, par exemple quand il affirme à l’assemblée funéraire d’Ophelia et en particulier à Laertes « I’ll rant as well as you », qu’il ne suffit pas de crier pour exprimer la sincérité de ses sentiments, le silence étant parfois la meilleure preuve d’amour. Certaines des répliques de Hamlet se dénotent et m’ont touchées par la force de leur simplicité, par exemple quand il murmure à Ophelia « I love you best, most best », et bien sûr l’iconique « to be or not to be ».. Il tient d’ailleurs peut être ce trait de sa mère la reine Gertrude dont les monologues se démarquent par leur simplicité et leur sincérité.


Certains psychologues du XXeme siècle, s’appuyant sur la représentation que l’époque Victorienne a donné du personnage, ont analysé Hamlet comme souffrant d’ « hypertrophie de l’intellect et excès morbide de la réflexion au détriment de l’action ». Cette citation fait le lien entre l’intelligence d’Hamlet, et son hésitation entre vengeance de son père ou passivité. Dans l’esprit Elizabethain, le personnage n’est pas perçu comme un intellectuel, mais comme un prince guerrier soudain en proie au doute, alors qu’il entrevoit, dans son chagrin filial, les abîmes vertigineux de la condition humaine.



VI- « To be or not to be »


To be, or not to be- that is the question:
Whether 'tis nobler in the mind to suffer 1750
The slings and arrows of outrageous fortune
Or to take arms against a sea of troubles,
And by opposing end them. To die- to sleep-
No more; and by a sleep to say we end
The heartache, and the thousand natural shocks 1755
That flesh is heir to. 'Tis a consummation
Devoutly to be wish'd. To die- to sleep.
To sleep- perchance to dream: ay, there's the rub!
For in that sleep of death what dreams may come
When we have shuffled off this mortal coil, 1760
Must give us pause. There's the respect
That makes calamity of so long life.
For who would bear the whips and scorns of time,
Th' oppressor's wrong, the proud man's contumely,
The pangs of despis'd love, the law's delay, 1765
The insolence of office, and the spurns
That patient merit of th' unworthy takes,
When he himself might his quietus make
With a bare bodkin? Who would these fardels bear,
To grunt and sweat under a weary life, 1770
But that the dread of something after death-
The undiscover'd country, from whose bourn
No traveller returns- puzzles the will,
And makes us rather bear those ills we have
Than fly to others that we know not of? 1775
Thus conscience does make cowards of us all,
And thus the native hue of resolution
Is sicklied o'er with the pale cast of thought,
And enterprises of great pith and moment
With this regard their currents turn awry 1780
And lose the name of action.- Soft you now!
The fair Ophelia!- Nymph, in thy orisons
Be all my sins rememb'red.

Être, ou ne pas être, c’est là la question. Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs et à l’arrêter par une révolte? Mourir.., dormir, rien de plus... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair: c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir.., dormir, dormir! peut-être rêver! Oui, là est l’embarras. Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort, quand nous sommes débarrassés de l’étreinte de cette vie ? Voilà qui doit nous arrêter. C’est cette réflexion-là qui nous vaut la calamité d’une si longue existence. Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde, l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté, les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi, l’insolence du pouvoir, et les rebuffades que le mérite résigné reçoit d’hommes indignes, s’il pouvait en être quitte avec un simple poinçon? Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous une vie accablante, si la crainte de quelque chose après la mort, de cette région inexplorée, d’où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté, et ne nous faisait supporter les maux que nous avons par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas? Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches; ainsi les couleurs natives de la résolution blêmissent sous les pâles reflets de la pensée; ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes se détournent de leur cours, à cette idée, et perdent le nom d’action... Doucement, maintenant! Voici la belle Ophélia... Nymphe, dans tes oraisons souviens-toi de tous mes péchés.


Dans une société ravagée par les guerres et les épidémies, Shakespeare se demande s’il est vraiment utile de lutter pour rester en vie, sachant que la mort est inéluctable. Le passage ci-dessus résume selon moi toute la psychologie du protagoniste, et même le fondement de l’oeuvre.

Dans ce passage, « to be or not to be », on comprend qu’on commence à mourir dès la naissance.

Hamlet compare la vie à une vague dévastatrice (the sea of troubles), qui nous emporte jusqu’à la mort (the undiscovered country). Faut-il lutter contre cette vague ou se laisser emporter ?

D’après Shakespeare, les Hommes luttent contre cette vague qui les emporte vers la mort car ils sont doués de la capacité de rêver. Et parcequ’il ne savent pas ce qu’est réellement la mort.


« To die, to sleep, to sleep per chance to dream. For in that sleep of death what dreams may come must give us pause ».


Par quoi les hommes sont ils animés, quand il est si facile de mourir ? Quelle est la différence après tout, entre le sommeil d’une nuit et le sommeil éternel ? Pourquoi nager à contre courant, quand la tendance naturelle de la vie est de dériver, d’abord dans la folie, porté par un courant qui nous précipite vers notre fin, vers une « mort boueuse », à l’instar d’Ophelia ? L’instinct de survie serait en fait lié à la nécessité absolue qu’à l’homme de rêver. Le rêve est, pour Shakespeare, ce qui donne sens à l’existence, un lien entre le vivant et le sacré qui maintient l’humanité en vie. Cette vision se décline dans diverses pièces de Shakespeare, notamment dans The Tempest, Act I scene 4


« Prospero : We are such stuff
As dreams are made on; and our little life
Is rounded with a sleep. »


L’homme serait de l’étoffe dont les rêves sont faits…


VII- Vision de la vie et de l’univers


Encore une fois, j’ai retrouvé dans Hamlet l’influence des paradigmes du XVIème. Bien que la société Elizabethaine évolue après les révélations de Copernic, la vision d’un monde bipolaire tendu entre le macrocosme divin et le microcosme végétal et animal reste vivide dans la psyche populaire, et en voici les principales clés (cela doit sûrement vous rappeler certains éléments vus en cours) :



L’Homme est au centre du monde, entre le microcosme et le macrocosme, entre le reste du vivant et Dieu.

L’illustration à gauche montre le lien étroit qu’entretiennent les différentes sphères, une modification de l’une d’entre elles ayant des conséquences sur les autres.

L’Homme est donc responsable de l’équilibre, ceci est d’autant plus vrai qu’Hamlet est prince.



Le Memento mori

Hamlet est une vanité, une œuvre d’art rappelant au public la précarité de la vie. Dans la scène où il parle au crâne de Yurik

« Où sont vos plaisanteries maintenant? Vos escapades ? vos chansons? et ces éclairs de gaieté qui faisaient rugir la table de rires ? Quoi ! plus un mot à présent pour vous moquer de votre propre grimace ? plus de lèvres ?... Allez maintenant trouver madame dans sa chambre, et dites-lui qu'elle a beau se mettre un pouce de fard, il faudra qu'elle en vienne à cette figure-là ! Faites-la bien rire avec ça... » 




Le cycle de la vie : l’homme n’est qu’un maillon fragile d’un système universel qu’il ne saura jamais appréhender .


Dans l’Acte I, scène 2, la reine Gertrude rassure Hamlet qui souffre suite à la mort de son père : « Ne t'évertue plus, les paupières ainsi baissées,

à chercher ton noble père dans la poussière.

Tu le sais, cela est assez commun: tout ce qui vit doit mourir,

passant de l'état de nature à l'éternité.»

On voît dans le discours de la reine l’influence de la pensée chrétienne, mais également stoïcienne. Hamlet ne doît pas se soucier de la mort de son père, puisque la mort est une chose naturelle, qui ne dépend pas de l’homme. De plus, l’humanité entretient avec la nature un rapport d’éternelle régénérescence : les hommes mangent des poissons et des oiseaux, ces derniers mangent des vers de terre, les vers se nourissent des cadavres des hommes. On retrouve donc également le cycle de l’éternel retour. De plus, l’imagerie de Hamlet est pleine d’images d’oiseaux et de poissons qui, tout comme les fleurs distribuées par Ophelia, nous rappellent sans cesse le caractère éphémère du pouvoir dans l’ordre naturel, et l’illusion de la vie dans un univers dont l’homme ne saura jamais mesurer l’immensité. Cela est annoncé par Hamlet à Horacio dès le premier acte, « There are more things in Heaven and Earth, Horacio, than you can dream of in your philosophy ». Ce même message, reformulé à la même personne, ferme la pièce « the readiness is all (…) the rest is silence ».


VIII- Le Théâtre comme miroir du réel « Totus Mundus Agit Histrionem » : devise du Globe Theatre


Pour Shakespeare, le monde entier est une scène. La fonction du théâtre est donc de révéler la vérité.

« Life’s but a walking shadow, a poor player

That struts and frets his hour upon the stage

And then is heard no more. It is a tale

Told by an idiot, full of sound and fury,

Signifying nothing. »

On comprend donc que l’homme n’est qu’un acteur de sa vie. Acte V scène 5, Macbeth


J’ai trouvé que le jeu de mirroir que fait Shakespeare, dans la deuxième scène de l’Acte III, est une bonne image de sa vision du théâtre. En fait, « the mouse trap » est une pièce dans la pièce (The play within the play). Sa fonction est de représenter la trame de l’oeuvre aux yeux même des personnages, et de faire ressortir la vérité. De la même façon que le théatre est pour Shakespeare, une loupe portée sur l’humanité, faisant ressortir la monstruosité des humains, et encore plus l’humanité des monstres.






Pour conclure, Hamlet est sûrement la plus grande pièce de théâtre de l’Histoire. C’est une pièce intemporelle qui continue d’intriguer encore aujourd’hui, et dont les mystères ne seront jamais élucidés. J’espère vous avoir donné envie de lire cette œuvre, et que j’aurais réussi à vous donner quelques clés pour comprendre comment elle est à la fois ancrée dans son époque, et complètement universelle.













Matthieu Dowling


Cours associé: CG-Lettres-PhilosophieCG-Lettres-Philosophie
 
Avatar MOUDOUD Idir
par MOUDOUD Idir, mercredi 20 décembre 2017, 10:33
Tout le monde (grand public)

Résumé du Discours de la Méthode et apport personnel 

Cours associé: CG-Lettres-PhilosophieCG-Lettres-Philosophie
[ Modifié: mercredi 20 décembre 2017, 10:33 ]
 
Avatar HUBERT Maelle
par HUBERT Maelle, mercredi 28 octobre 2015, 15:40
Tout le monde (grand public)

J'ai une question à propos du Dm à faire pendant les vacances, après avoir parlé à d'autres élèves, il semblerait qu'une erreur se soit glissé dans le sujet.

Tout d'abord, dans l'exercice 1 question 4, avec OA comme troisième droite il n'est pas possible de répondre à la question mais avec OQ cela fonctionne.

Ensuite pour l'exercice 2 avec les autres élèves nous ne comprenons pas concrètement ce qu'il faut faire.

Merci 

Maëlle Hubert 2°9

Cours associé: 2ND Maths M.Trichard2ND Maths M.Trichard
 
Avatar Loutier Romain
par Loutier Romain, jeudi 13 novembre 2014, 18:28
Tout le monde (grand public)

Bonjour,

Veuillez trouver ci-joint le document pour l'activité d'introduction aux fonctions

[ Modifié: jeudi 13 novembre 2014, 18:29 ]
 
Tout le monde (grand public)

1. Partie I


• Dans la partie I de l'épreuve, on vous demande un exposé organisé de connaissances portant sur un point bien délimité du programme. Attention à ne pas faire une récitation de cours mais un véritable exposé scientifique, construit, argumenté et rythmé par une problématique bien posée.

• Il est impératif de construire un plan comportant une introduction, des paragraphes identifiés par des titres (et répondant à la problématique) et une conclusion.

• Pour établir le plan, notez au brouillon les différentes notions conduisant à répondre à la problématique à laquelle le sujet fait référence, puis affectez-leur un numéro d'ordre.

• L'introduction doit présenter le sujet et la façon dont on va le traiter tandis que la conclusion fait la synthèse de l'exposé (et peut prendre la forme d’un schéma-bilan).

• Faites des schémas, faites-en des premières ébauches au brouillon… N'oubliez pas de les titrer et de les légender soigneusement.

2. Partie II - Exercice 1


L'objectif de cette partie II est d'évaluer vos compétences dans la pratique d'un raisonnement scientifique par deux types d'exercices différents.

Exercice 1

• Il s'agit d'évaluer votre capacité à extraire des informations d'un document pour répondre à un problème scientifique donné.
Selon le cas, les informations récoltées peuvent servir à formuler une hypothèse, à expliquer un phénomène, à soutenir une théorie, etc.
Vous devez donc à la fois fournir une analyse du document, que vous avez très probablement étudié pendant l'année, et énoncer les conclusions que vous pouvez en tirer.

• Vos arguments doivent être correctement ordonnés et étayés; attention à ne pas tomber dans le travers fréquent du catalogue d'idées.

• Notez que si vos connaissances sont utiles pour comprendre le document, elles ne sont le plus souvent pas à restituer dans la rédaction de la réponse (en tout cas pas de manière prioritaire).
Dans cet exercice, c'est la qualité du raisonnement qui est principalement évaluée (même si des connaissances sont bien sûr nécessaires pour raisonner correctement).


3. Partie II - Exercice 2


• Cette partie de l'épreuve est la seule qui diffère selon les candidats. Si vous avez choisi l'enseignement de spécialité, l'exercice porte sur un programme spécifique en SVT. Si vous avez choisi une autre spécialité, elle porte sur le programme commun.

• Il s'agit ici d'évaluer votre capacité à résoudre un problème scientifique clairement indiqué dans le sujet, par une analyse de plusieurs documents qui n'ont pas été nécessairement étudiés en classe et qui mobilisent vos connaissances.
Attention, l'ordre de présentation des documents ne correspond pas forcément à l'ordre logique de leur analyse. Par ailleurs, ceux-ci peuvent être analysés de manière conjointe pour répondre à une question de votre développement.

• Il faut donc mettre en relation les informations tirées des documents avec vos connaissances pour construire une argumentation logique et élaborer une synthèse cohérente permettant de répondre au problème posé.

• Faites un schéma bilan (le plus souvent), n'oubliez pas de le légender et de l'annoter avec soin.

 

Cours associé: SVT PaitelSVT Paitel
 
Tout le monde (grand public)

Vous trouverez la liste des élèves admis en section sportive rugby à 7 "Sevens Academy"

sur le site de la section sportive

http://sevensacademy.free.fr

MS

 
Tout le monde (grand public)

L'équipe cadettes Filles est qualifiée au Championnat de France  de Rugby à 7 niveau Excellence UNSS

du 14 au 16 Mai à St Martin d'Hères Académie de Grenoble

 

MS

 
Tout le monde (grand public)

L'assemblée générale de l'Association Sevens Academy du Lycée International de Valbonne

Aura lieu

Mercredi 21 Mai à 14 h salle des actes 

MS